Selon un communiqué du Comité exécutif national du Social democratic front (SDF), un congrès extraordinaire est convoqué ce 1er mars à Yaoundé. Il vise à désigner le candidat du parti à l’élection présidentielle 2025.
À quelques mois de l’élection présidentielle prévue en octobre 2025, l’heure est à la mobilisation dans les différents états-majors des partis politiques. C’est le cas au sein de l’un des principaux partis d’opposition au Cameroun à savoir le SDF. Cette formation politique s’apprête à dévoiler son candidat ce samedi 1er mars. Il est également prévu la présentation de deux programmes politiques ce même jour. L’un porte sur la participation du SDF à l’élection présidentielle 2025. L’autre est relatif aux élections législatives et municipales de 2026.
Quête de positionnement
Pour les analystes politiques, le SDF entend redorer son blason d’antan et s’affirmer dans le paysage politique national. « Le congrès du Social democratic front vise à repositionner cette formation politique au sein de notre échiquier politique. On sait que le SDF a perdu beaucoup de plumes en raison du contexte politique national et des impacts de la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Il s’agira pour le nouveau chairman Joshua Osih de montrer qu’il tient bien la barre et qu’il a pu stabiliser le parti après avoir fait face a une rude compétition avec ses rivaux pour le contrôle de cette formation politique. Il s’agit aussi pour le SDF de se positionner en vue des échéances à venir » décrypte le Pr Mathias Éric Owona Nguini. Pour ce politologue, « le SDF est en position de reconquête, de reconstituer et de montrer qu’il demeure un parti important sur l’échiquier national. »
Défis internes
Au moment où les partis politiques aiguisent leurs stratégies de campagne, de nombreux militants du SDF claquent la porte. En effet, le 10 février 2025, 145 membres de cette formation politique, en particulier des responsables et militants des arrondissements de Yaoundé 2 et Yaoundé 7, ont signifié leur départ au leader du parti, Joshua Osih. Ces derniers évoquent des raisons personnelles. Depuis le décès du président national, Ni John Fru Ndi le 12 juin 2023, des scènes de leadership sont perceptibles dans les rangs de ce parti. Le candidat qui sera désigné ce 1er mars pour l’élection présidentielle devra donc relever les défis de rassemblement pour faire bloc le moment venu.
L’on se rappelle que le SDF avait obtenu 35% des voix à l’élection présidentielle de 1992. Mais en 2011, il n’avait que 11%. De 43 sièges aux législatives de 1997, il est passé à 16 sièges en 2013. À l’issue de l’élection présidentielle de 2018, le SDF n’avait que 3,35% des voix et se positionnait en 4e place.
Créé le 26 mai 1990, avec pour slogan « Power to the People and Equal chance for all », le SDF est déterminé à marquer sa présence lors des prochaines échéances électorales.